Les nanotechnologies : à quoi ça sert ?

Le 09/02/2005 à 20h00
Lieu: Le Beaujolais
Intervenants:
Jean-Paul Laurencin : Chargé de recherches au CNRS Savoie Innovation Valorisation Université Pierre Mendès-France Grenoble
Christian Genthon : Chercheur au CNRS
Laurent Ranno : Maitre de Conférences en Physique Université Grenoble 1
Jean Dijon : Directeur de Recherches au CEA de Grenoble
Marie-Bernadette Villiers : Chargée de Recherche à l'INSERM Grenoble

Résumé:

    1959 : le grand physicien Richard P. Feynman déclare, lors d’une conférence de l’American Physical Society : « Que se passerait-il si nous pouvions déplacer des atomes un à un, et les assembler de la façon voulue ? ». Les idées du génial Feynman furent reprises par un de ses élèves, E. Drexler, qui imagina des nanomachines pouvant produire les molécules désirées à une échelle de précision atomique. Drexler écrivit plusieurs livres sur le sujet, où il considéra non seulement le côté scientifique et technologique de ses idées, mais aussi les aspects économiques, environnementaux et même éthiques. L’étape suivante fût franchie en 1981 par les chercheurs d’IBM-Zurich G. Binnig et H. Rohrer, qui inventèrent le microscope à force atomique. Cet appareil, entre autres, est capable de déplacer des atomes individuellement, et, en 1989, D. Eigler de IBM Almaden s’en servit pour écrire le mot IBM avec des atomes de xénon déposés l’un à coté de l’autre sur une surface de silicium.

Par ses innombrables champs d’applications potentielles, il y a les industries de l’automobile, l’aéronautique, l'électronique, des communications, la chimie et la pharmacie, le médical et la biologie, mais aussi l’espace, l’environnement, la défense, etc. Pour ne citer que quelques exemples d’applications dans le domaine des transports, indiquons des matériaux plus légers, renforcés par des nanoparticules, des pneus qui durent plus longtemps et qui sont recyclables, de la peinture sur laquelle la saleté n'a pas prise …
Quelles autres technologies peuvent être concernées ? Quels bienfaits en attendre ? Quelle technique permettra de faire l’interface entre le monde atomique et macroscopique ? Faut-il avoir peur d’une technologie de l’invisible ? Y a-t-il un risque de dérive vers une prise pouvoir qui ne sauterait plus aux yeux ?
En moins de 50 ans, la question de Feynman a trouvé sa réponse. Pour autant l’organisation des atomes lorsqu’ils sont manipulés un à un, créant du neuf avec de l’ancien, nous réserve bien des surprises. Serait-ce la pierre philosophale de notre siècle ?


Enregistrement sonore :  [partie 1] [partie 2] [partie 3] [partie 4] [partie 5]
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