L’alchimie de l’amour

Le 26/05/2004 à 20h00
Lieu: Le Beaujolais
Intervenants:
Gilles Rambaud : Neuro psychiatre, expert auprès de la cours d'Appel
Cyrille Lips : Professeur de philosophie
Patrick Blachère : Psychiatre, expert près les tribunaux
Pierre Bondil : chirurgien urologue
Giuseppe Patrucco : Psychologue sexologue

Résumé:

    Affection, inclinaison, amitié, empathie, compassion, mansuétude, don de soi, l'amour revêt mille visages, et n'est pas seulement ce don de séduction qui a la reproduction pour objectif ancestral.

Nous partageons avec les animaux cette aptitude à attirer le sexe opposé pour assurer notre pérennité. L'être humain semble pourtant être allé plus loin, en faisant de l'amour une émotion universelle au service de la vie en société.
Mais affirmer cela, ce serait retirer à l'animal des capacités qu'on lui découvre peu à peu. Les cultures animales montrent en effet des comportements d'attachement. Dans ces conditions, l'homme peut-il se targuer d'être le détenteur exclusif de cette émotion ? Ne risque-t-on pas sa sacralisation ?

Pour démarquer l'amour humain de l'amour animal, la philosophie de Michel Serres explique que l'être humain a opéré une déprogrammation : alors que l'animal obéit à des moments de reproduction stricte, dont dépend sa survie, l'homme et la femme se retrouvent et s'aiment à
n'importe quel moment de l'année. L'être humain dispose alors d'une liberté dont il va user pour moduler et faire varier le jeu amoureux à l'infini.
Et puis bien sûr la grande question contemporaine au sujet du sentiment amoureux, à l'heure du « tout biologique », reste la suivante : sommes-nous esclaves de nos hormones ? Quels rôles joue notre « nature » et quel est celui de la culture ? La déprogrammation avancée par le philosophe a-t-elle des limites ? Quel impact reçoit-on, et attend-on, de la part de l'environnement, d'autrui, des circonstances ? Sommes nous toujours sous l'influence de certains clichés, comme l'homme agressif et la femme passive ? L'homme et la femme sont-ils finalement compatibles ?

Le courant féministe, qui tente de réviser ces clichés, risque-t-il de mettre en péril les relations amoureuses ou au contraire instaure-t-il un nouveau lien, plus favorable à l'amour ?

Le débat sur cette question multiple, au visage d'arlequin, nous rassemble tous et toutes en une même préoccupation, celle de notre quotidien, de nos liens sociaux et émotifs tissés depuis des temps immémoriaux, qui forment la base de notre société.

Affiche de ce café :  [affiche pdf]
Enregistrement sonore :  [partie 1] [partie 2] [partie 3] [partie 4] [partie 5]
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Photos prises lors de la soirée:
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